Ça y est, c’est fait. J’ai enfin vécu ma première campagne électorale. En dehors de tout parti et du stérile clivage gauche/droite, sans notoriété et avec très peu de moyens, ce fut difficile, mais près de 5% des Clermontois ont voté citoyen, ce qui est une belle promesse pour l’avenir. De tout cela : je n’en retiens que du bon. Surtout, je ressens dès lors un besoin : celui de recommencer. Non pas dans un an, non pas dans six ans, non ! Le besoin de recommencer dès maintenant. Car s’il est bien une chose que j’ai retenu en rencontrant tant de Clermontois (et ça vaut sans doute bien au delà de Clermont-Ferrand), c’est que ces derniers en ont ras-le-cul qu’on ne se préoccupe d’eux qu’en période électorale. Pire encore, certains politiciens ou militants se contentent, dans cette période, de venir leur demander leur vote, sans même se soucier de leur demander ce qu’ils aimeraient pour leur ville ou ce qui ne va pas dans leur quartier. Pendant cette campagne, j’ai fait le choix de l’écoute. J’ai laissé les gens s’exprimer. J’ai souvent préféré consacrer une demi-heure à écouter une seule personne plutôt qu’à en rencontrer cent que je n’aurais pas entendu. Ça m’a fait un bien fou de recueillir tous ces espoirs et toutes ces désillusions. Des flammes dans les yeux, j’en ai vu. La flamme de l’espoir, parfois. La flamme de la colère, d’autres fois. Je crois aussi que ça leur a fait du bien, à tous ces gens, de se confier, de se lâcher, parfois violemment.

      Il faut donc continuer. Dès maintenant. Et oui, dimanche, la campagne sera terminée pour tout le monde. Mais pas pour moi, pas pour nous, du Mouvement 100% Citoyens. La vraie campagne ne fait que commencer. Ce n’est d’ailleurs pas une campagne, que nous allons livrer pendant les six prochaines années, mais une croisade. Une croisade citoyenne. Jean Lassalle en a fait une en marchant des mois durant sur le territoire français. Les Zèbres en entament une en tentant d’unifier les forces vives d’une nation qui ne demande qu’à s’accomplir. La douce révolte civile et citoyenne est en marche, et nous allons l’accompagner. Pendant des mois, nous irons voir les gens. Nous les écouterons et nous les informerons. Nous nous assurerons que le lien de l’entraide et de la solidarité existe entre eux. Nous nous assurerons qu’ils puissent profiter les uns des autres, profiter de toutes ces associations qui ne demandent qu’à faire grandir chaque citoyen. Nous nous assurerons, surtout, que le lien entre les citoyens et leurs élus se rétablisse, petit à petit. La rupture est consommée entre eux depuis trop longtemps. Est-ce la faute des uns ? Est-ce la faute des autres ? Peu importe. L’urgence est au sauvetage, à la guérison. La politique joue un rôle trop important dans la vie de chacun de nous pour que nous la délaissions, et pour que ceux qui la détiennent continuent à nous délaisser.

      Je vous donnerai très vite plus d’infos sur l’association qui est en train de se créer. Mais il en existe déjà beaucoup et chacune d’elles a besoin de bénévoles prêts à consacrer un peu de leur temps à faire avancer ce pays et cette société que certains s’évertuent, visiblement, à enfoncer. Plus que jamais, il appartient à chacun de nous de se mobiliser, et de refuser l’attentisme. Ne subissons plus, que diable. Agissons !

P.S. : Un grand merci à Frédéric Ranchon, sans qui je n’aurais pu vivre cette belle aventure, et à toute l’équipe qui l’a rendue d’autant plus agréable à vivre !